Shape Up : La méthode qui casse les cycles agiles classiques pour livrer des produits mieux pensés, en moins de temps.
La méthode Shape Up est utilisée pour définir, concevoir et livrer des fonctionnalités produit de manière plus fluide et efficace. Elle se distingue par son approche non traditionnelle en termes de gestion de projet, en se concentrant sur la clarté, la collaboration et l’autonomie des équipes.
Principes de la méthode Shape Up
- Des cycles de travail fixes : La méthode Shape Up repose sur des cycles de 6 semaines, appelés « cycles de développement », durant lesquels une équipe se concentre sur un ensemble spécifique de fonctionnalités ou de tâches. Chaque cycle est suivi d’une période de 2 semaines sans travail de développement, permettant de réfléchir, planifier et gérer les priorités pour le cycle suivant. Ce rythme est conçu pour éviter les distractions et les dérives.
- L’importance de la définition du travail avant le début du cycle : Avant de commencer un cycle de développement, il est crucial de « shaper » le travail. Cela signifie que l’équipe de direction, ou les « shapers », définissent précisément les objectifs et les exigences de chaque fonctionnalité à livrer. Contrairement à des méthodologies comme Scrum, où le travail est souvent défini en détails tout au long du cycle, Shape Up encourage une définition préalable des contours du projet avant même de commencer à travailler dessus.
- Des équipes autonomes : Une fois les contours du travail définis, les équipes de développement ont une grande autonomie pour décider comment elles vont réaliser les tâches. L’équipe est en charge de la solution, de l’implémentation, de l’itération et de la gestion du projet pendant les six semaines.
- Pas de sprints ni de backlogs détaillés : Contrairement à Scrum qui repose sur des sprints et des backlogs continuellement mis à jour, Shape Up se concentre sur la livraison de fonctionnalités définies à l’avance. Il n’y a donc pas de backlog complet ni de mise à jour régulière de tâches. Les équipes travaillent uniquement sur ce qui est défini pour le cycle en cours.
- La gestion des risques par la limitation du travail : Shape Up encourage à éviter de trop charger un cycle. Les équipes ne doivent travailler que sur une quantité de travail clairement définie et gérable pour éviter les imprévus et les dépassements. Ce principe de limitation de la portée permet de mieux gérer les risques et de réduire le stress lié aux projets.
- La livraison incrémentale mais sans urgence : L’objectif de la méthode Shape Up n’est pas de livrer des itérations fréquentes comme dans d’autres méthodologies agiles, mais plutôt de se concentrer sur l’achèvement de fonctionnalités plus complètes qui ajoutent une réelle valeur au produit. Le rythme est donc moins effréné et davantage axé sur la qualité de la fonctionnalité plutôt que sur la fréquence des mises à jour.
Les 3 principales étapes de Shape Up
- Shaping : C’est la phase où les idées sont formulées, définies et préparées pour le développement. Les « shapers » déterminent ce qu’il faut construire et comment cela devrait fonctionner. Les idées sont ensuite « taillées » de manière à être réalisables pendant un cycle.
- Building : Une fois que le travail est bien défini, l’équipe de développement passe à la phase de construction. Les développeurs, designers et autres membres de l’équipe prennent en charge le projet pour réaliser la fonctionnalité. Cette phase dure généralement six semaines.
- Cooldown : Après la phase de développement, une période de « cooldown » de deux semaines suit, pendant laquelle il n’y a pas de développement actif. Ce temps est utilisé pour la planification, la réflexion sur la direction à prendre pour le cycle suivant, et la gestion des problèmes non résolus pendant le développement.
Avantages de la méthode Shape Up
- Plus de flexibilité et moins de rigidité : Shape Up permet de s’adapter aux besoins du moment tout en gardant une vue d’ensemble sur les priorités. L’absence de backlog permanent et de sprints fixes permet de ne pas se retrouver pris dans une boucle infinie de tâches sans fin.
- Moins de stress lié aux délais : Le rythme plus détendu entre les cycles de travail et les périodes de « cooldown » permet de réduire le stress, car les équipes n’ont pas à courir constamment après des échéances serrées.
- Autonomie accrue pour les équipes : En donnant une plus grande autonomie aux équipes, la méthode Shape Up encourage la responsabilisation et favorise un environnement propice à l’innovation et à la créativité.
- Moins de tâches inutiles : La méthodologie de Shaping permet d’éviter de trop détailler les fonctionnalités, ce qui évite les tâches inutiles et permet de se concentrer sur l’essentiel.
Inconvénients et défis
- Moins de feedback rapide : Puisque la méthode ne mise pas sur des cycles courts d’itération, le feedback des utilisateurs est moins fréquent. Cela peut rendre difficile l’ajustement rapide en fonction des retours.
- Manque de structure pour certaines équipes : Les équipes qui sont habituées à des méthodes plus structurées, comme Scrum, peuvent avoir du mal à s’adapter à l’autonomie et à la flexibilité imposées par Shape Up.
Conclusion
La méthode Shape Up se distingue par sa simplicité et son approche pragmatique du développement produit. Elle permet de se concentrer sur la livraison de fonctionnalités de qualité avec moins de pression liée aux délais. Bien que ce ne soit pas adapté à toutes les équipes, elle peut être particulièrement utile dans des environnements où la flexibilité et la créativité sont essentielles pour répondre aux besoins du produit.